Devoir de réussite
Le devoir de réussite , tel était donc le 7ème engagement pour l’éducation du contrat de législature de l’UMP. On y lit encore : « Avec les communes et les enseignants volontaires, nous expérimenterons une nouvelle organisation scolaire consistant à recentrer l’école sur [...] l’école du savoir, et à confier les activités d’éveil, le sport, la culture, l’apprentissage de la vie civique dans toutes ses dimensions [...], la découverte des métiers et le soutien scolaire aux municipalités, ce serait l’école de la vie. ».
Devant de telles intentions, on ne peut que s’étonner de la bronca essuyée par le premier ministre lors du congrès des maires. Plusieurs mesures prises au pas de charge sont passées par là. Mise en place du service minimum d’accueil à l’école (SMA) dès maintenant ou suppression de l’accueil des 2 ans à l’école maternelle à la rentrée prochaine : les communes sont mises au pied du mur. Exit donc le volontarisme et l’expérimentation ! Et François Fillon d’enfoncer le clou en déclarant que la loi de la République n’est pas négociable. Chacun est donc prié de se plier à des réformes décidées sans concertations. Les maires qui n’ont pas organisé le SMA sont assignés en justice. Des enseignants se déclarent en résistance et refusent d’appliquer les nouveaux programmes. Des pétitions en tous sens fleurissent, y compris pour demander la démission du ministre.
Dans ce climat délétère, une nouvelle journée d’action est annoncée pour le 10 décembre. Xavier Darcos et le gouvernement seraient mieux inspirés en ouvrant de véritables discussions avec les élus et les enseignants. C’est aussi de cette manière que se vit la démocratie. Déclarer que « les enseignants méritent mieux que leurs syndicats » est vain et déplacé. Cette forme de mépris n’est pas au service de l’école du savoir ni de l’école de la vie. Elle ne peut qu’éloigner ses protagonistes du devoir de réussite .
Voir N° 447 École et territoire |
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L'actualité vue
par le CRAP |
Salon Européen de l’Education
Bilan de la 10e édition (du 27 au 30 novembre 2008)
Pour une formation, un calendrier échelonné et les moyens de sa mise en oeuvre
Pétition en ligne à propos du nouveau programme de technologie au collège
Les Associations Éducatives Complémentaires de l’Enseignement Public en danger de mort
Communiqué de presse et pétition nationale en ligne
Donner le choix, pas si simple...
Yannick Mével, professeur de lycée à Dunkerque, rédacteur aux Cahiers pédagogiques
Oui vous êtes bien sur le site du CRAP-Cahiers pédagogiques : s’il est question de champignons et de poulet aux pruneaux au début de ce texte, ce n’est qu’une mise en appétit pour entrer dans la cuisine de la réforme du (...)
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Réforme du lycée : un essai bloqué
Le CRAP-Cahiers pédagogiques est co-signataire d’un appel sur la réforme du lycée, avec Éducation & Devenir, la Ligue de l’Enseignement et la FCPE.
L’école maternelle, pièce maîtresse de la démolition de l’école
Communiqué de presse de la FCPE
Le rapport du groupe de travail sénatorial sur « l’accueil des jeunes enfants » propose la suppression de l’accueil en maternelle des enfants de deux ans au profit de la création de « jardins d’éveil » pour les 2- 3 (...)
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Les questions éducatives dans les présidentielles américaines
Le point de vue d’un enseignant américain et une comparaison de Denis Meuret avec l’organisation de l’école française du système américain
Il n’est guère plus question de l’école dans les débats électoraux américains que français... Thomas J. Scott a bien voulu proposer pour les Cahiers pédagogiques un bilan des positions de John McCain et de Barack Obama sur les questions (...)
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Lycée : construire la diversité
Par Denis Paget
L’organisation des apprentissages au lycée doit changer, et les décideurs doivent faire preuve d’imagination. Denis Paget formule ici des propositions concrètes pour une voie médiane entre lycée unique, filières cloisonnées et bac à la (...)
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Colloque
2008
Une école juste ? L'égalité des chances
en débat
Le colloque organisé par le CRAP-Cahiers
pédagogiques les 3 et 4 novembre dernier
a cherché à interroger un concept passe-partout,
qui peut justifier des orientations diverses et contradictoires.
N’est-il qu’un habillage de la méritocratie
et de l’élargissement de la sélection
des élites ? Ou bien peut-on y voir l’autre
nom de la démocratisation de l’école
?
Nous publions les échos de ce colloque durant lequel
sont intervenus Guillaume Duval, rédacteur
en chef de la revue Alternatives Économiques,
Antoine Prost, historien, Agnès
Van Zanten, directrice de recherche au CNRS,
Éric Maurin, économiste,
Yves Reuter, universitaire, Arnold
Bac (Ligue de l'Enseignement), Jacques
Bernardin (GFEN) et Françoise
Lorcerie. On trouvera également les comptes-rendus
des différents ateliers ainsi que l'introduction
de Florence Castincaud, rédactrice
en chef des Cahiers et l'intervention de clôture
de Patrice Bride, secrétaire général
du CRAP.
 
Pour
lire et écouter les échos du colloque |
La revue de presse de
Philippe Watrelot |
Revue de presse du lundi 1er décembre 2008
“Quand vous détectez chez un enfant très jeune, à la garderie, qu’il a un comportement violent, c’est le servir, c’est lui être utile à lui que de mettre en place une politique de prévention tout de suite” Cette déclaration sur Europe 1 du porte parole de l’UMP Frédéric Lefebvre franchit un seuil supplémentaire dans le débat sur la délinquance des mineurs déjà évoqué la semaine dernière avec les fuites sur le rapport de la commission Varinard . Frédéric Lefebvre qui a déjà montré à plusieurs reprises que le sens de la nuance n’était pas sa qualité première relance en fait un sujet qui avait fait débat en 2006 lorsque des projets de détection précoce des troubles du comportement dès le plus jeune âge pour prévenir la délinquance, s’appuyant sur un rapport de l’Inserm, avaient suscité un tollé chez les professionnels de la petite enfanceUne pétition intitulée « Pas de zéro de conduite pour les enfants de trois ans », avait recueilli alors plus de 46.000 signatures. Mais Frédéric Lefèbvre est encore trop timoré. Ne mégottons pas : en prison à 3 ans !
“ Les lycéens hors du monde ?” C’est le titre donné à la tribune parue dans Libération et cosignée par Sylvain David président de l’association des professeurs de SES (APSES) , les sociologues Yves Déloye et Bernard Lahire, l’économiste Thomas Piketty et le pédagogue Philippe Meirieu On l’a déjà dit ici à de nombreuses reprises, la réforme annoncée par Xavier Darcos aurait pu constituer une réelle opportunité pour améliorer le fonctionnement du lycée et s’interroger sur les savoirs à enseigner aux lycéens du XXIème siècle. Mais cette réforme là, qui aurait posé d’abord la question pédagogique avant la question des structures (et des économies) demandait le temps de la réflexion et de la concertation. Ce n’est pas le choix qui a été fait. Au final, le projet annoncé ressemble de plus en plus à la vieille ”seconde C” d’il y a 30 ans... Et surtout, le lycée qui se dessine marginalise et même asphyxie l’enseignement des sciences économiques et sociales. Les auteurs de cette tribune interrogent “Alors même que la crise financière actuelle montre avec une rare acuité la nécessité de doter l’ensemble des citoyens des moyens de comprendre les questions économiques, sociales et politiques contemporaines, [...] Estime-t-on nécessaire de doter tous les lycéens d’une formation économique et sociale leur permettant de se repérer au sein de la société et mieux appréhender les enjeux qui la traversent ?”. Ils demandent à ce que l’enseignement des SES soit intégré aux enseignements obligatoires et appellent à manifester pour défendre cet enseignement menacé. L’auteur de cette revue de presse marchera donc avec de nombreux autres collègues, mercredi 3 décembre prochain à Paris de La Madeleine à République (avec un petit arrêt place de la Bourse). On peut être classé parmi les “pédagogues” et défendre les disciplines d’enseignement pour ce qu’elles apportent comme connaissances et compétences nécessaires à la culture générale et à la formation des citoyens. Il n’y a là aucune contradiction.
Le Figaro s’intéresse à un fait divers Un jeune garçon de 12 ans dans un collège du Havre a été frappé par ses camarades et a subi un traumatisme crânien. Sa faute ? Refuser de jouer à un jeu baptisé « le petit pont massacreur » Ce jeu consiste à lancer un objet entre les jambes de l’un d’entre eux, qui doit le rattraper faute de quoi il est roué de coups par les autres.. Le journal interviewe un pédopsychiatre, Grégory Michel, spécialiste des conduites à risques. Pour lui “Ces jeux violents peuvent s’apparenter à des rites de passage, entre l’enfance et l’adolescence.” et il précise “Selon une étude menée auprès des jeunes en milieu scolaire, 10 à 15% d’entre eux ont déjà participé à ces jeux. Ces jeux comme celui du foulard par exemple ont toujours existé, ils sont en expansion, touchent les enfants de plus en plus tôt parfois à l’école primaire et sont de plus en plus violents. [...] Les motivations sont différentes selon les jeux en question, mais il y a souvent un effet de groupe, avec quelques leaders charismatiques et plusieurs suiveurs. A chaque fois, l’effet recherché est celui de l’éprouvé intense et du franchissement de l’interdit. D’où la difficulté de la prévention : plus ces jeux sont interdits, plus les enfants peuvent vouloir franchir l’interdit.”.
Un petit rappel pour finir Près de 800.000 enseignants sont invités à voter mardi pour élire leurs représentants aux commissions administratives paritaires (CAP) de l’Education nationale, une occasion de vérifier le poids des syndicats, stigmatisés par Xavier Darcos pour leur "résistance au changement".Ces élections ont lieu tous les trois ans.
Bonne Lecture...et bon vote....
La suite
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