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AccueilArticlesTerminale S - Evolution  L'homme au sein du vivant 2
Terminale S - Evolution
L'homme au sein du vivant 2 - TP/TD

Posté le 12 novembre 2006 à 13:56 par FB  -  Info Auteur

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Deux ans après (et deux TS plus tard), retour sur l'une des questions du TP-TD "L'homme au sein du vivant", proposé dans cette même rubrique en novembre 2004. Il s'agit de la première question du module 2 de la fiche (Mod.2 Q2, qui est rappelée ci-dessous) et qui montre à quel point les élèves (tout au moins les miens) ont une perception intuitive totalement fausse de la phylogènie, ceci dans le sens où elle est strictement "historique", narrative même : Un vrai conte des mille et une nuits qui commencerait par "Il était une fois un ancêtre commun…".
 


 
  1 - Rappel de la question :
 
*  Le logiciel phylogène permet d'établir des "matrices de distances évolutives" à partir des séquences en A.A. de molécules homologues (TP07). Le tableau ci-dessous est la matrice obtenue en comparant la molécule cytochrome-oxydase chez différents primates. L'arbre correspondant est partiellement donné.
 
 
% d'a.a. #
Bonobo
Chimpanzé
Homme
Gorille
Orang-outan
Gibbon
Maki
Tarsier
Bonobo
0
0,9
2,6
3,1
5,3
6,2
29,5
27,3
Chimpanzé
 
0
2,6
3,1
5,3
6,2
29,1
26,9
Homme
 
 
0
3,1
6,2
5,7
28,6
26,4
Gorille
 
 
 
0
4,0
6,2
28,6
27,3
Orang-outan
 
 
 
 
0
6,2
28,2
26,9
Gibbon
 
 
 
 
 
0
26,9
25,6
Maki
 
 
 
 
 
 
0
13,7
Tarsier
 
 
 
 
 
 
 
0




 
Q2 : Recopier l'arbre et compléter la partie masquée à partir des données du tableau. (echelle : 10 %  =  3 cm)
 
 
 
2 - Les réponses obtenues :
 
 
Au bout de dix minutes, nombre d'élèves n'ont tout simplement pas surmonté l'obstacle, mais certains autres (assez nombreux) proposent des constructions de ce type, et qui sembles correctes à ceux qui "n'avaient pas trouvé" :
 


Les arbres construits le sont donc de gauche à droite et non de droite à gauche !

 
 
 
3 - Oui, bon… et alors ? :
 
 
Alors cela signifie tout simplement que les élèves ont allégrement "zappé" l'idée pourtant fondamentale que l'évolution prend son sens et sa légitimité dans le présent bien plus que dans le passé; qu'elle est un objet scientifique et non une petite (ou grande) histoire que l'on se raconte de générations de profs en générations d'élèves.
 
M'adressant à des collègues, je ne ferais pas l'offense de donner ici une correction, l'objectif de cet article est simplement de signaler à certains qui ne l'auraient pas encore vu qu'il existe là un obstacle cognitif important (et tenace) qui demande une dépense d'énergie didactique pour s'éviter après coup un triste "Ils n'ont rien compris".
 
Plus grave, cela signifie aussi que si nous n'y prenons pas garde, pour beaucoup de nos futurs concitoyens la phylogènie sera une vérité apprise et non une vérité construite… de celles qui sont de l'ordre du credo et donc réfutables. Par les temps qui courent, ce n'est, à mon sens, pas rassurant.
 
 
 
Rq 1 : Même si la construction d'arbres phylogénètiques est hors des compétences exigibles à l'examen, c'est peut-être le meilleur moyen de remédier à ce type de conception éronnée. (durée totale exo et correction de l'ordre de 15 minutes)
 
 
Rq 2 : Si un élève passait par là et voulait s'essayer à l'exercice, voici tout de même une brève "solution" - On part du principe qu'au grès des mutations, la distance génétique entre deux espèces augmente régulièrement avec le temps, au point qu'en mesurant les distances génétiques entre espèces actuelles on peut resituer dans le passé leur ancêtre commun hypothétique. On construit donc la parti manquante de l'arbre de proche en proche en traduisant par un trait horizontal allant de la droite vers la gauche (et pouvant être discontinu) les distances génétiques entre le Bonobo (pris en référence dans le tableau) et les ancêtres qu'il a en commun avec les autres espèces suivantes du tableau. Toutes ces espèces, puisqu'il s'agit d'espèces actuelles et qu'elles sont les seuls éléments de comparaison sont logiquement alignées sur la même verticale à droite de l'arbre (cette verticale peut suggérer le temps présent). Au final on obtient donc ceci :
 
 


 





1 commentaire


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par yoyo   -   le 23 novembre 2006 à 14:50
Je fais presque le même TP en classe avec mes élèves de term S. Je limite la comparaison aux gorilles, chimpanzés (et/ou bonobos) et humains. l'idée est de déterminer si le chimpanzé est plus proche des autres singes que de l'homme ou inversement.
Les élèves choisissent une molécule au hasard dans la banque de phylogène et établissent les liens de parenté sous forme d'arbre phylogénétique.
Phase suivante : on compare les résultats : selon la molécule utilisée on obtient trois cas de figures (les plus apparentés sont l'humain et le chimpanzé, ou bien l'Humain et le gorille, ou bien le gorille et le chimpanzé). Exercice intéressant puisqu'il montre les limites de l'évolution moléculaire.
Un sondage est fait et on trouve qu'une majorité de molécules indiquent une plus proche parenté entre Humains et chimpanzés.
Si les élèves savaient que, globalement, les singes les plus proches des humains sont les chimpanzés, ils découvrent qu'un singe est plus proche de l'Homme que des autres singes. Et voilà la conclusion qui fait voler en éclat l'idée qu'il y a l'Homme d'un coté et les singes de l'autre ! A partir de ce moment je n'utilise plus le terme de singe en classe puisqu'il n'est cladistiquement plus recevable ("singe" = groupe paraphylétique si l'on exclue l'Humain !).

PS : par contre j'ai toujours des élèves de seconde qui pensent qu'il y a les végétaux, les animaux et les Humains dans le monde vivant : nous ne sommes pas des bêtes, voyons !
Y'a du boulot.

yoyo

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